't Mooswief
Cette sculpture représentant la marchande de légumes typique de Maastricht est à la fois un hommage aux maraîchères d’autrefois et une icône du carnaval.
Dès le Moyen Âge, les agriculteurs des villages voisins se rendaient au marché de Maastricht pour y vendre des légumes, des fruits, des fleurs et du bétail. Vers 1900, ce sont toutefois surtout les agricultrices et les jardinières qui, depuis le village voisin de Saint-Pierre, se rendaient au marché de Maastricht avec une charrette remplie de leurs récoltes.
des costumes traditionnelsLes femmes portaient toutes le même costume traditionnel : une jupe en lin, un tablier et une chemise en coton, recouverts d’un châle, ainsi qu’un foulard sur la tête surmonté d’un petit chapeau de paille. Aux pieds, elles portaient souvent des sabots en bois. Cette « Mooswief » est elle aussi vêtue de ce costume traditionnel. De ses bras en pierre, elle tient un panier de légumes et une bourse.
Hommageà «
» Après la Seconde Guerre mondiale, les marchands et les forains venus d’autres régions du pays ont progressivement supplanté les « Mooswiever » d’origine. Afin de rendre hommage à ces marchandes de légumes, quelques marchands et riverains ont créé un comité chargé de faire réaliser une statue. L’architecte Jef Brouwers a conçu le bassin de la fontaine et le sculpteur Charles Vos a réalisé la statue. « ’t Mooswief » fut sa dernière grande création ; Vos est décédé une semaine avant l’inauguration. Son souhait de sculpter un jour une « moosmaan » ne s’est jamais concrétisé.
Que voir ?
La première marche du monument est recouverte de pavés. La deuxième est en pierre de Namur, tout comme le bassin pentagonal de la fontaine. Brouwers a opté pour un design représentant la forme d’une ville fortifiée idéale. Il a orné les angles de petits bastions. Dans le bassin de la fontaine se trouve un socle pentagonal en pierre naturelle surmonté de la « Mooswief », sculptée dans du calcaire. Sur le pilier se trouvent cinq gargouilles en bronze qui alimentent la fontaine. Ces têtes de jet représentent cinq animaux qui étaient autrefois couramment commercialisés sur le marché : un lapin écorché, un canard, un poisson plat, un gardon et un pigeon.
À propos de l’auteur
Charles Vos (1888-1954), le « sculpteur de Maastricht », a acquis de l’expérience professionnelle à l’Atelier Cuypers & Co. de Pierre Cuypers et de son fils Joseph, à Roermond. C’est également là qu’il a suivi une formation à l’école de dessin. Il a ensuite étudié à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers, puis à l’Académie nationale des Beaux-Arts d’Amsterdam. En 1922, il est revenu dans sa ville natale. Il ouvrit son propre atelier et enseigna parallèlement à l’École secondaire des arts appliqués et à l’ Jan van Eyck Academie. Outre « ’t Mooswief », la statue du saint patron de la ville située sur le pont Saint-Servais et celle de la fontaine Saint-Servais comptent parmi ses œuvres les plus célèbres.
Anecdote
En 1954, le samedi précédant le carnaval, « ’t Mooswief » a été dévoilée par le prince de la ville de l’époque. Très vite, la statue a été proclamée patronne du carnaval de Maastricht . Depuis lors, chaque année, le samedi précédant le carnaval, on lui dépose une couronne de légumes sur les épaules. Une autre tradition tout aussi ancienne consiste, le dimanche de carnaval à 12 h 11, à hisser sur la place du Vrijthof une gigantesque « Mooswief » en papier mâché au sommet d’un mât de plusieurs mètres de haut. Elle y reste suspendue jusqu’à minuit le mardi de carnaval. Alors que la poupée est descendue et que le carnaval touche à sa fin, des milliers de fêtards entonnent avec mélancolie l’hymne populaire de Maastricht.
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